Biarritz Autrement

Contributions du groupe Abertzale aux élections municipales de 2008 à Biarritz

20 janvier 2008

ACTION SOCIALE/SOZIALA

ACTION SOCIALE

Biarritz Autrement, dans le cadre du groupe travaillant sur les préconisations liées à l’action sociale de notre ville, souhaiterait mettre en avant plusieurs axes forts à développer sur les six prochaines années :

un Soutien Fort à la Famille

Nos familles biarrotes éprouvent de plus en plus de difficulté dans leur vie quotidienne et notamment dans le mode de garde des jeunes enfants. L’évolution de notre population et, notamment les jeunes couples avec enfant, nous montre que l’offre existante n’est plus suffisamment adaptée aux besoins d’accueil.
A ce jour, 280 enfants fréquentent les structures collectives, 175 enfants sont assistés par une cinquantaine d’assistantes maternelles. Au total, ce sont près de 330 places d’accueil enfant, comptabilisées dans notre ville.
L’analyse des données démographiques montre que Biarritz a connu une baisse des naissances de 20% entre 1999 et 2006. Parallèlement, les inscriptions en crèche n’ont pas cessé d’augmenter, imposant souvent de longues attentes.
Entre 2001 et 2007, la capacité d’accueil des crèches n’a augmenté que de 40%.
Dans ce contexte de forte diminution de naissance, il est important de prendre en compte certaines évolutions sociodémographiques :
    -          On assiste à une fragilisation des naissances avec une augmentation des familles monoparentales. Biarritz compte aujourd’hui près de 40% de parents isolés, dont plus de la moitié sont allocataires CAF.
   
-          Les créations d’emploi, ces dernières années, se sont structurées autour du secteur tertiaire et du tourisme, secteur d’emploi principalement féminin. Le taux d’activité des femmes âgées de 29 à 59 ans est révélateur de l’augmentation de la demande à temps partiel pour l’accueil des enfants en crèche.
Ces structures sont aujourd’hui très recherchées par les familles.
Face à ces évolutions, nous préconisons la poursuite d’une politique de la petite enfance selon 2 axes :

   

-          Augmenter nos capacités d’accueil par :
Ä La Création d’une nouvelle crèche de 40 places, avec, de plus une antenne d’Ohakoa, dans le futur quartier Kléber et éventuellement un nouveau jardin d’éveil qui viendra compléter ceux de la Négresse et Larochefoucauld.
Ä La création de micro crèches aux horaires atypiques pour les besoins des jeunes mamans travaillant dans le domaine tertiaire et du tourisme (voir chapitre action jeunesse).
Ä Le développement d’un mode de garde à domicile via le CCAS et l’espace emploi jeune. (formation des baby Sitter)

   -          Aider la famille et son rôle éducatif par la création d’un pôle d’enfance.
Suite aux nombreuses difficultés rencontrées par les familles, ces dernières éprouvent le besoin d’aide ponctuelle liée aux difficultés éducatives.
Même si la compétence d’une politique de protection de l’enfance relève du département, la ville se doit de proposer, elle aussi, des réponses adaptées.
L’idée serait de regrouper tous les dispositifs autour de l’enfance et de consolider ainsi un pôle petite enfance qui réunirait le trait d’union (lieu d’accueil parents/enfants), les consultations PMI (service départemental de protection de l’enfant en danger), le RAM (le relais assistance maternelle). Le regroupement en un lieu unique faciliterait l’information, la gestion des familles aux crèches municipales collectives, aux CLSH, aux garderies périscolaires et aux cantines et accompagnerait les jeunes familles par un apport en personnel qualifié (psychologue et médecin pédiatre).

Un soutien fort en direction des jeunes

Le prochain mandat sera l’occasion de consolider une véritable politique jeunesse lancée sur la période 2001-2007. Aux côtés du pôle enfance-jeunesse de Mouriscot aujourd’hui, bien en place, il conviendra d’approfondir les futures orientations du pôle culturel de la Négresse, et de renforcer le pôle insertion-jeunes de Pétricot.
Le lien avec le secteur associatif et les équipements scolaires sera poursuivi et tout un programme d’action sera développé afin de « favoriser l’accès à l’autonomie des jeunes ». Un véritable plan de solidarité sera mis en place pour les jeunes biarrots (voir chapitre jeunesse).

Un soutien Fort autour de la Solidarité Citoyenne

La Ville de Biarritz, depuis ses dernières années a engagé une politique active de lutte contre toutes formes d’exclusion du public en grande précarité ; cependant une nouvelle catégorie de population, confrontée à la baisse d’un pouvoir d’achat liée à la précarité des salaires et des retraites se fait jour.
Afin de rendre une meilleure solidarité citoyenne, la Ville de Biarritz devra repenser sa politique distributive.
Le nombre de Rmistes sur Biarritz a diminué passant ainsi de 800, en 2002 à 670, en mars 2007.
Le nombre de demandeurs d’emploi est passé de 1855, en 2002 à 1300 en 2007.
Cette évolution positive peut s’expliquer par les nouvelles mesures d’intéressement applicables, depuis octobre 2006. Ces mesures motivent véritablement le bénéficiaire du RMI, dans leur démarche de recherche. Nos services se devront de suivre l’évolution de ces mesures avec la mise en place du RSA (revenu solidaire active).
Le SIAP (service d’insertion et d’aide à la population) du CCAS de Biarritz suit près de 350 personnes, dans le cadre du dispositif RMI.
Ce service présente un taux de contrat d’insertion en évolution (+ 50% cette année).
Des efforts seront poursuivis pour que ce service continue de jouer un rôle incontournable en terme de contractualisation. Il demeurera vigilant pour optimiser un positionnement professionnel de ce public.
Par ailleurs, on note que la part des bénéficiaires de l’AAH (Allocation adulte handicapé) n’a que légèrement augmenté sur ces deux dernières années. En revanche, la part représentée par l’API (Allocation parent isolé) a diminué entre 2004 et 2006.
En résumé, on peut considérer  que les évolutions  des minima sociaux sur notre ville ne se traduiraient pas par une augmentation du phénomène de précarité. Au contraire, les indicateurs relatifs à la population active laissent apparaître une amélioration de la situation.
Cependant, la situation d’une nouvelle population salariée en difficulté peu habituée à fréquenter les services sociaux nous interpelle, et doit nous inciter à réfléchir sur une reconfiguration complète de nos modes d’intervention.

Refonte de la redistribution : un partage solidaire

L’emploi a toujours été présenté comme le principal facteur d’insertion qui a guidé durant ces dernières années, bon nombre de nos actions. On constate cependant que de plus en plus de salariés rencontrent d’importantes difficultés autour du pouvoir d’achat et du logement.
Sur Biarritz, on peut aujourd’hui repérer que 20% des demandes d’aide financière ou d’hébergement temporaire concernent les salariés, ce qui est supérieur aux villes de notre catégorie.
Le fragile équilibre d’une vie familiale, d’un logement, d’un emploi nécessite la mise en place de filets de sécurité d’un nouveau genre, si l’on veut éviter la spirale de la précarité.
On ne peut pas tout attendre de la Ville mais dans l’attente de nouveaux outils comme le revenu de solidarité active, nous devons faire en sorte que nos aides deviennent un complément incitatif à la reprise ou à la poursuite d’une activité professionnelle.
Il devient donc indispensable de redéfinir une nouvelle politique d’aide facultative qui soit l’expression d’un choix politique, ambitieux, citoyen et solidaire.
Plusieurs pistes sont possibles. Certaines villes en France comme La Rochelle ou Angers ou, en Europe (Madrid) ont commencé à expérimenter des nouvelles politiques distributives. Nous pourrions imaginer plusieurs orientations :
   
-          En matière d’accès au logement, il serait nécessaire d’octroyer des aides sous formes de prêts , dans l’attente du déblocage de l’aide du FSL.Ce dispositif rassurerait les propriétaires et faciliterait la prise d’autonomie des jeunes.
   
-          En matière d’aide facultative comme les aides au transport, les exonérations de cantine; il sera nécessaire de définir de nouveaux critères sur la base du quotient familial et d’harmoniser nos critères avec ceux de nos partenaires dans l’intérêt des demandeurs.

Un soutien Fort par la Prise en Charge des Plus Dépendants

         Les Personnes âgées

Le vieillissement de la population a fortement influencé l’action gérontologique de notre commune, ce qui s’est traduit par un développement important des besoins de services à domicile et d’hébergements pour personnes âgées dépendantes. Parallèlement, le niveau de vie des nouveaux retraités s’est fortement dégradé, nécessitant la mise en place d’un service social spécifique aux «jeunes retraités».
Les services traditionnels de soutien à domicile : services Prestataire et Mandataire d’aide à domicile, portage de repas et téléassistance ainsi que le service social aux retraités se sont considérablement développés, obligeant le CCAS à revoir régulièrement l’organisation de ce service. (Depuis la mise en place du tutorat des aides à domiciles en 2001, en passant par la sectorisation en 2005, jusqu’à la création des pôles gérontologiques en juin 2007).
De plus, les pratiques professionnelles ont dû s’adapter aux incidences des nouvelles législations relatives à la mise en place de l’Aide Personnalisée à l’Autonomie (APA), avec des interventions 7 jours sur 7, et à la loi Borloo du 2 janvier 2002 relative à la rénovation de l’action sociale.(A titre d’information, la part des bénéficiaires de l’APA a explosé(6% en 2001 contre 21,6 % en 2007)
Ce bouleversement est lié au vieillissement de la population qui est de plus en plus dépendante. Alors qu’au niveau départemental le taux de couverture de l’APA de la population de plus de 75 ans est de 13,3 %, il n’est que de 5,7 % sur Biarritz. Cela semble s’expliquer par l’importance d’une population aisée et âgée sur notre commune  qui préfère assumer seule sa dépendance plutôt que de s’adresser aux services sociaux.

L’évolution de ces six dernières années démontre bien la cohabitation d’une population vieillissante avec des écarts de revenus très sensibles sur notre commune.
Un développement de la précarité des «  jeunes retraités » sur la commune.
Nous avons pu constater l’émergence d’une population de «jeunes retraités» n’ayant pas suffisamment travaillé et donc cotisé, rencontrant également d’importantes difficultés sociales. La mise en place d’un service social spécialisé depuis trois ans confirme le besoin d’accompagnement d’une population retraitée très fragilisée car, après de longues périodes de chômage, elle se retrouve avec «un reste à vivre» proche du minimum vieillesse.

Quelle politique gérontologique pour les années à venir ?

Le vieillissement de la population devrait accentuer les difficultés au cours des prochaines années puisque entre 2005 et 2015, la population des plus de 85 ans augmentera de plus de 60 %, générant ainsi un besoin plus soutenu de services à domicile et surtout un développement important de la capacité d’accueil en établissement.
Les constats du vieillissement et de la précarité doivent conduire nos actions dans plusieurs directions :

     I)     Maintenir la qualité et la diversité de nos services
Obtention de la norme AFNOR qui certifiera la qualité de nos services sur un marché devenu très concurrentiel où se développent tous types de «marchands de services à domicile».

    II)   Développer l’hébergement des personnes âgées dépendantes
Les prévisions démographiques à l’horizon 2015, le déficit actuel de places agréées à l’Aide Sociale, ajoutés à la lenteur des procédures d’autorisation, vont nécessiter une forte mobilisation des élus et des acteurs de l’action sociale du BAB et du Département, pour relever le défi de l’hébergement des personnes âgées dépendantes.
Cette réflexion nécessitera une prise en compte nécessaire de la problématique des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sur notre territoire.
Avec plus de 200 personnes en liste d’attente pour intégrer un établissement agréé sur Biarritz et une estimation d’environ 800 personnes atteintes de la pathologie Alzheimer sur Biarritz, il est urgent d’agir.
Quelques pistes pourront être mises en œuvre au cours du prochain mandat. Ceci dit, il sera nécessaire de poser ce problème à l’échelle de l’agglomération afin de trouver des possibilités de constructions supplémentaires :

     1)   Extension Notre Maison de 30 lits : les travaux devraient démarrer fin 2008 pour une ouverture prévue en 2010. Cette nouvelle unité prévoira dix lits d’accueil « Alzheimer », ainsi que deux places d’accueil de jour et vingt lits traditionnels.

     2)   Création d’un accueil de jour de 12 places : la maladie «Alzheimer» fait peser de lourdes charges sur les aidants naturels qui ; à bout de souffle, viennent régulièrement solliciter de l’aide auprès de notre structure. L’existence d’un bâtiment dans le parc de « Notre Maison » pourrait être transformée en lieu d’accueil de jour d’une capacité de 12 places

     3)  Création d’un lieu de vie proche du concept de foyer logement : La conciergerie de l’établissement, composée de deux appartements inoccupés, pourrait être transformée en lieu d’accueil d’une capacité de 6 à 8 places pour des personnes relativement autonomes mais ayant besoin d’un environnement sécurisé qui pourront bénéficier de prestations de la maison de retraite.

    III)Consolider le service social aux «jeunes retraités»

Les dispositifs d’aide financière existant actuellement doivent pouvoir répondre aux besoins de retraités en difficultés. Toutefois, on se rend compte que lorsqu’il s’agit d’aide au logement pour des personnes dépassant le plafond  Fonds Solidarité Logement (FSL), le niveau des aides de la Ville est insuffisant. Les retraités doivent pouvoir bénéficier des systèmes d’aide évoqués..De même, le CCAS prévoira des moyens adaptés et envisagera de renforcer les effectifs de travailleurs sociaux dédiés à ce service.

Les Personnes Handicapées

Lors de son précédent programme 2001-2007, la Ville de Biarritz a pris en considération les attentes des Personnes Handicapées.
En Décembre 2001, la Ville de Biarritz a signé la Charte VILLE-HANDICAP en collaboration avec les Associations d’Handicapés, et a permis la création d’une Commission Handicap. (Commission extra municipale composée d’Elus, d’Associations d’Handicapés, et  des Services concernés.)
De nombreuses améliorations et aménagements en termes d’accessibilité ont été réalisés par la Ville dans les domaines de la Voirie, des Espaces Verts, de la Culture, du Sport, de l’insertion professionnelle et dans le secteur Educatif.
Nous proposons que cette action soit élargie par la Ville de Biarritz, également au regard de la Loi du 11 Février 2005 sur l’Egalité des Droits et des Chances des Personnes Handicapées.

Les nouvelles Orientations

La Ville de Biarritz devra engager dès 2008 de nouvelles orientations à destination du handicap par la création d’une commission d’accessibilité (association de personnes handicapées, élus et professionnel) et la mise en place d’un poste de conseiller technique handicap qui assurerait la mise en place, le suivi et le contrôle des actions entreprises.
Cette action s’organiserait sur plusieurs axes :
     -          les logements avec l’aménagement des logements existants et l’accessibilité aux handicapés sur le nouveau programme Kleber.
    
-          Les bâtiments publics et les établissements scolaires par la rénovation, la mise aux normes en matière d’accessibilité et d’issue de secours adapté, notamment au CLSH, CCAS, l’Office de Tourisme, la mairie ainsi que les écoles de Biarritz (accessibilité sanitaires/infirmeries).
    
-          La création d’un centre d’accueil pour personnes handicapées, dans une structure associative afin de développer une meilleure autonomie et un épanouissement par l’intermédiaire d’activités diverses.
    
-          La création d’une résidence locative adaptée qui représenterait un relai ponctuel pour les familles et qui pourrait être sur le parc locatif de Biarritz et géré par une association.
               
o    La mise en place d’une maison gouvernante… Travailler à la création d’une « maison gouvernante » à partir de locaux mis à disposition par les offices d’HLM et qui permettrait la vie en collectivité de personnes atteintes de troubles psychiques .Cette formule, déjà pratiquée dans d’autres départements est fondée sur le partenariat des offices HLM, des organismes de tutelle et des services sociaux.
    
-          L’aménagement de l’accessibilité aux transports et à la voirie communale. Il sera important de tout faire pour améliorer l’accès des biarrots, aux halles et aux différents secteurs commerciaux de la ville.
Dans ce même ordre d’idée, il faudra favoriser les moyens de transport pour handicapés avec des systèmes permettant d’aller chercher les personnes à leur domicile.
Enfin, des mesures devront être envisagées à destination des malvoyants (aménagement urbain, principe de code barre disposé dans un but de détection grâce à des systèmes de téléphonie).
Enfin, sur des projets culturels et de communication, il sera nécessaire d’être inventif et imaginatif avec :
    
-          Les lieux propices à la création (musée Asiatica, Musée Historique de Biarritz, l’Atabal (espoir 64)
    
-          La mise en place d’ordinateurs adaptés (écoles, médiathèque, Atabal),
    
-          L’accès et la formation à la langue des signes et l’adaptation du site Internet de la Ville aux normes international d’accessibilité aux handicapés.

Posté par btz_autrement à 11:24 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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